Érik Gervais : de l'olympisme au bateau-dragon, une vie dédiée au dépassement de soi et à l'esprit d'équipe

Érik Gervais : de l'olympisme au bateau-dragon, une vie dédiée au dépassement de soi et à l'esprit d'équipe

Il y a des parcours qui, mis bout à bout, racontent bien plus qu'une simple carrière sportive : ils racontent une philosophie de vie. C'est le cas d'Érik Gervais, ancien athlète olympique en canoë-kayak de vitesse, aujourd'hui entraîneur chez H2O et ambassadeur du tout premier Défi Dragons du Suroît. De Valleyfield aux Jeux olympiques d'Atlanta, puis du kayak individuel au bateau-dragon collectif, son histoire est celle d'un homme pour qui la performance n'a jamais eu de sens sans la confiance et le travail d'équipe.

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Des débuts à Valleyfield jusqu'aux Jeux olympiques

Tout commence à 11 ans, au Club de canotage de Valleyfield, où Érik Gervais découvre le canoë-kayak. Ce qui débute comme une activité prend rapidement une place centrale dans sa vie. Au fil des compétitions provinciales, nationales et internationales, il accumule plus de 75 médailles, dont 50 d'or, une progression qui le mène d'abord dans l'équipe de développement du Québec, puis dans l'équipe nationale canadienne.

Son parcours le conduit à des camps d'entraînement de haut niveau au Canada et en Floride, puis aux Jeux panaméricains de 1995 en Argentine. Mais c'est en 1996 qu'il réalise l'objectif de toute une carrière : représenter le Canada aux Jeux olympiques d'Atlanta, en canoë-kayak de vitesse. Il décrit encore aujourd'hui cette expérience comme l'un des moments les plus marquants de sa vie sportive.

Ce que ces années d'entraînement intensif lui ont surtout appris, c'est que la performance repose autant sur la préparation mentale que physique. La discipline, la résilience et la capacité à maintenir un effort constant dans les moments difficiles, des qualités forgées à force d'heures d'entraînement, allaient devenir les fondations de tout ce qu'il entreprendrait par la suite.

Du kayak individuel à l'esprit collectif du bateau-dragon

Si le canoë-kayak de vitesse se pratique souvent en embarcation individuelle, Érik Gervais insiste : le travail d'équipe y est omniprésent. Les entraînements, les embarcations à plusieurs pagayeurs, la collaboration avec les entraîneurs, tout exige une synchronisation parfaite et une confiance mutuelle. Ce sont précisément ces apprentissages qui allaient le préparer, sans qu'il le sache encore, à sa transition vers le bateau-dragon.

Après sa carrière olympique, Gervais souhaite demeurer actif dans les sports de pagaie tout en relevant de nouveaux défis. Le bateau-dragon s'impose comme une suite naturelle : la technique de propulsion, l'endurance, la gestion de l'effort et l'esprit d'équipe s'y appliquent directement. Mais ce qui l'attire réellement, c'est l'aspect profondément collectif de la discipline. Après avoir vécu l'intensité du sport olympique, il trouve dans le bateau-dragon une autre voie vers l'excellence, une voie où la cohésion du groupe est au cœur même de la réussite.

Entraîneur chez H2O : transmettre plus que la technique

Depuis 2016, Érik Gervais est entraîneur et mentor chez H2O, où il encadre des athlètes de tous niveaux. Son rôle : planifier les entraînements, guider les pagayeurs et contribuer au développement d'une culture d'excellence au sein de l'organisation. Ce qui distingue H2O, selon lui, c'est avant tout la qualité des gens qui la composent : des athlètes engagés, des entraîneurs passionnés et une organisation capable de réunir des personnes de tous horizons autour d'un objectif commun, misant sur le développement à long terme, l'inclusion et la performance.

Mais au-delà de la technique, qu'est-ce que Gervais cherche vraiment à transmettre à ses athlètes ? Des valeurs : la discipline, la persévérance, le respect, l'humilité et la capacité à travailler avec les autres. Il veut que ses pagayeurs comprennent que le développement se construit sur plusieurs années, à travers de petits gestes répétés quotidiennement, et qu'il faut la confiance nécessaire pour repousser ses propres limites.

Ce qui le motive aujourd'hui ? Voir les athlètes évoluer et atteindre un objectif qu'ils croyaient impossible quelques mois plus tôt. Si les médailles et les résultats comptent, c'est surtout de voir ses athlètes gagner en confiance et découvrir leur plein potentiel qui le rend le plus fier.

Et s'il fallait résumer en un mot l'ingrédient essentiel d'une équipe de bateau-dragon qui fonctionne bien ? La confiance. Car dans un bateau-dragon, le succès dépend de la capacité de chacun à pagayer dans la même direction, au même rythme, pour les mêmes raisons. Le talent individuel ne suffit pas : sans confiance ni engagement collectif, impossible d'atteindre son plein potentiel. Les meilleures équipes, dit-il, sont celles où chacun accepte son rôle, communique ouvertement et fait passer la réussite du groupe avant ses intérêts personnels.

Ambassadeur du Défi Dragons du Suroît

L'entraide et le travail d'équipe peuvent transformer une communauté : c'est cette conviction qui a poussé Érik Gervais à devenir ambassadeur du Défi Dragons du Suroît, la toute première édition d'un événement rassembleur au profit de la Fondation de l'Hôpital du Suroît. Pour lui, c'est l'occasion de contribuer concrètement à la santé de sa ville natale, et l'événement représente bien plus qu'une compétition sportive : c'est un rassemblement autour d'une cause qui touche toute la communauté.

À ceux qui hésitent encore à s'inscrire ou à former une équipe, son message est sans détour : lancez-vous. Nul besoin d'être un athlète ou d'avoir déjà pratiqué le bateau-dragon, ce qui compte, c'est l'envie de vivre une expérience rassembleuse et de contribuer à une cause importante. Puisqu'il s'agit d'une première édition, participer, c'est aussi contribuer à la naissance d'une tradition qui fera une différence pour les années à venir.

Et à celles et ceux qui monteront pour la première fois dans un bateau-dragon, Gervais souhaite avant tout qu'ils profitent pleinement de l'expérience : l'énergie de l'équipe, l'adrénaline du départ, les encouragements, la fierté de franchir la ligne ensemble sans se concentrer uniquement sur la performance. Car en bateau-dragon, chaque personne compte, et chaque coup de pagaie fait avancer l'embarcation.

Le sport communautaire comme moteur social

Pour Érik Gervais, le sport communautaire dépasse largement l'activité physique : il crée des liens, renforce le sentiment d'appartenance et permet à des gens de tous horizons de se rencontrer autour d'un objectif commun. Que l'on soit participant, bénévole, partenaire ou spectateur, chacun trouve sa place et sa façon de contribuer. Ces événements portent des valeurs, entraide, persévérance, respect, travail d'équipe, qui dépassent largement le cadre sportif et rejaillissent sur nos milieux de vie et de travail.

Soutenir la Fondation de l'Hôpital du Suroît, c'est, selon lui, investir directement dans le bien-être et la qualité de vie des gens de la région. Que ce soit pour soi-même, un proche, un ami ou un collègue, l'accès à des soins de qualité près de chez soi est une préoccupation universelle. Chaque don, chaque initiative de collecte de fonds contribue à améliorer les équipements, les services et les projets qui ont un impact réel sur les patients et les équipes de soins.

Le dépassement de soi et la force du collectif

Interrogé sur ce que représente pour lui le dépassement de soi, Gervais offre une réponse simple mais puissante : ce n'est pas seulement repousser ses limites, c'est avoir le courage de sortir de sa zone de confort. Parfois, cela signifie accomplir l'impossible ; d'autres fois, simplement faire un pas de plus que la veille, malgré les doutes.

Quant à son plus beau souvenir de travail d'équipe, il remonte sans surprise au parcours qui l'a mené aux Jeux olympiques. Un accomplissement personnel, certes, mais qui n'aurait jamais été possible sans le soutien d'entraîneurs, de collaborateurs, de sa famille et de tous ceux qui ont cru en lui. Cette expérience lui a appris qu'aucune grande réussite ne se construit seul : derrière chaque objectif ambitieux se trouve une équipe qui partage une vision commune et se soutient mutuellement. C'est cette même leçon qu'il applique aujourd'hui au bateau-dragon : un bateau n'avance que lorsque tout le monde rame ensemble. Peu importe la force ou l'expérience de chacun, le succès dépend de la capacité du groupe à se synchroniser, à communiquer et à ramer dans la même direction. Et quand chacun contribue à l'effort collectif, l'équipe devient plus forte que la somme de ses membres.